Sausse O. Aven du Barthé (06 février 2016). Infos GSBM

Rdv à 10h00 à l’entrée du Souffleur avec les copains de la MJC Aubagne.

Participants : Thierry RIQUE, Alain WADEL, Jean-Marc GARCIA, Odile SYLVI, Mathis GARCIA, Olivier NAVARETTE, Olivier SAUSSE
Rapidement nous rentrons sous terre, nous sommes un peu chargés, perfo amarrages, cordes… La MJC Aubagne découvre la cavité. Le méandre se fait sans encombre un peu chaudement pour certains. Mathis est à l’acéto, drôle d’impression cette lumière jaune et cette odeur, cela ne me manquait pas et je me demande même comment j’ai fait avec si longtemps… Dans les escalades nous remplaçons quelques veilles cordent.

Nous arrivons en bas du P50, puis au terminus de la topo. J’attaque la topo avec Thierry, le reste de l’équipe va visiter la cavité. Le cheminement est long et tortueux, il nous faut quasiment 50 visées pour arriver au P60. Odile, Jean-Marc et Mathis remontent tranquillement, ils se sont arrêtés dans la salle du soupirail tandis qu’Alain et Olivier sont allées voir le siphon. Nous continuons la topo jusqu’à la jonction, le cheminement principal est maintenant terminé.

En remontant Olivier et Alain équipent les passages aériens dans le méandre, une vingtaines de spits seront plantés et il ne reste plus que la main courante avant le P20 de la salle à équiper. La corde est dans la salle juste avant.

Nous remontons tranquillement avec le bla bla habituel. Sortie à 23h00 sous quelques gouttes de pluie. TPST : 12 hrs

Un grand bravo à Mathis qui, à seulement 13 ans, est allé à –220m et même pas fatigué!

Sausse O. Barthé, le collecteur amont (12 décembre 2015). Infos GSBM

Nous nous retrouvons à l’entrée du Barthé en ce samedi matin où la température est plus que clémente. Après le “blabla” habituel nous préparons le matériel, Joce qui a la crève a le teint blanchâtre, ce n’est pas son jour et à la dernière minute il préfère renoncer. Sage décision quand on connaît la cavité…

Nous avons récupéré la fluorescéine fournit par Alexandre Zappelli et les conditions météo sont encore au top, difficile de reporter, nous décidons de maintenir les objectifs : topographie du post siphon, coloration, exploration de l’amont du collecteur et film pour ramener des images, sont au programme. En parallèle Ludovic Mocochain et son équipe posent les fluocapteurs dans la rivière du Souffleur.

Nous partons donc les kits chargés à bloc, cordes, amarrages, goujons, combinaisons néoprènes de 2mm, la perfo de Pascal en 36 volts a été spécialement préparée afin de la protéger au maximum de l’humidité. Il nous faudra 3 heures pour arriver au siphon, nous constatons que le niveau d’eau est remonté. Par deux fois nous tentons d’amorcer les tuyaux mais en vain. Heureusement que nous avons les néop, il faut maintenant bien se mouiller pour passer le point bas du siphon pompé.

Avec Thierry nous continuons la topographie jusqu’au collecteur. Pascal et Patrick nous attendent tranquillement devant la première vasque après avoir fouillé le haut de la galerie. Nous effectuons la coloration en injectant directement la fluorescéine en haut de la cascade de 4 mètres. Le mélange se fait instantanément. Ensuite nous attaquons l’amont, la progression est aisée seules quelques marmites nous valent de bons fous rires.

Nous arrivons sur un ressaut de 6 mètres, en haut la rivière continue, puis une magnifique cascade de 3 mètres se franchit en escalade. Ambiance ambiance, certes la galerie n’est pas très grande mais pas un gramme de boue avec de superbes formes. La progression est maintenant plus horizontale, nous débouchons dans une salle chaotique, un amont arrive, des blocs sont suspendus au plafond, de l’autre côté de l’éboulis nous retrouvons la rivière et la galerie se veut plus grande. Après quelques mètres, un virage à droite et nous butons sur un magnifique siphon de 3 par 5. La topo est bouclée, sur le retour nous en profitons pour filmer, il est déjà tard et nous ne sommes pas sortis.

La remontée se fera tranquillement sans encombre . TPST : 15 hrs.
Le Barthé est bien loin d’avoir livré tous ses secrets.

A ce jour la coloration n’a rien donné, les fluocapteurs au Souffleur n’ont pas réagi. Le faible dénivelé entre le fond du Barthe et les amonts du Souffleur est estimé entre 25 et 45 mètres et au moins 2 km séparent ces deux points. Nous pouvons donc nous demander : “Barthé is Souffleur or not Souffleur” !

Nous avons décalé la plongée initialement prévue début janvier pour cause de mauvaise météo. Il est fort probable que le siphon pompé soit à nouveau rempli. Nous souhaitons tout d’abord finir la topographie du réseau principal, ensuite une à deux séances seront nécessaires afin de sécuriser les passages en hauteur dans le méandre 3.

Merci à tous les acteurs côté Souffleur et côté Barthé pour ces nouvelles découvertes sur le plateau d’Albion.

Vidéo du collecteur du Barthé

Sausse O. Récit des explorations de l’Aven du Barthé (28 novembre 2015). Infos GSBM

28 novembre 2015, nous sommes devant le passage bas du siphon du Barthé, le courant d’air nous lèche le visage et attise notre curiosité, nous cherchons à comprendre pourquoi nous n’arrivons pas à vider cette p… de dernière vasque. Joce équipé de sa “pontonière” maison, un vulgaire pantalon de Kway se décide d’un coup : « je vais voir », il passe dans l’eau, il arrive au fond du siphon et crie, ça passe… Avec Thierry nous attendons en discutant, pétard ce bruit sourd au loin çà nous titille, Pascal, Patrick et Guilhem nous rejoignent. Nous attendons Joce, d’un coup il arrive en hurlant, c’est un truc de dingue le collecteur y fait un bruit de malade, je me suis arrêté devant un puits et ensuite…

Avant d’aller plus loin commençons par le début :

Courant de l’été 2014, Jocelyn Mora Monteros de l’ASM propose à Pascal Caton (GORS, ASM et GSBM) d’aller faire un tour au Barthé. Accompagné de sa femme Amandine Bertrand (ASM) et Dorian Salem (ASM), ils constatent à plusieurs reprises un très gros courant d’air à l’entrée de la cavité.

Entrée de la cavité : Cliché Jérome Deboulle

Fin Août 2014, nos deux compères, accompagnés d’ Amandine et un ami en initiation Geoffrey Spapen, attaquent le méandre de 400 m de long baptisé « Méandre des furet jaunes » qui j’avoue ne vous laisse pas indifférent… En bas du puits, arrivé dans la salle René Parein, ils effectuent deux escalades au bout de la diaclase, en haut Joce se faufile dans un méandre boueux qui ressemble à un amont. Pourtant le courant d’air est là. Il finit par déboucher au sommet d’un puits estimé à 50 mètres (il en fait 45).

Bien évidement, le week end suivant, ils y retournent, le puits est descendu, en bas c’est la surprise, ils tombent sur une galerie amont aval, l’amont remonte sur 500 m pour buter sur des escalades, l’aval est parcouru sur 600 mètres environ, ils passent une grande salle et descendent un dernier puits pour tomber à nouveau sur un grand volume. A gauche dans une fissure, ils s’arrêtent sur un grand puits arrosé estimé à 60 mètres. Le samedi soir à 20h30, le téléphone sonne, « salut c’est Pascal et Joce » changement de programme, pas d’aménagement dans l’aven des neiges demain car on est passé au Barthé… et on est sur du gros.

Nous nous retrouvons donc à l’entrée, Patrick Martin et Thierry Caton l’oncle de Pascal dit les “Furieux” nous attendent. Je découvre le Barthé et son méandre avec un bon gros kit de corde, c’est chaud dans tous les sens du terme, nous sommes excités comme des puces, le méandre de boue qui suit est une horreur, étroit nous nous enlisons dans la boue et nos bloqueurs sont méconnaissables, ça va donner à la remonté…

Le méandre se jette dans le fameux P45. En bas la Galerie amont aval est magnifique. 1H30 plus tard, nous débouchons dans un grand volume, ça y est nous sommes au terminus de la veille. Le P60 est cylindrique et assez austère, l’actif balaye tous le puits, nous sommes à l’étiage, ambiance garantie en période de pluie !

Pascal est à l’équipement, on dirait une conduite forcée verticale. Arrivé en bas, nouveau puits de 15 mètres environ qui débouche dans une salle ébouleuse, la suite est découverte par Pascal, un P18 est équipé par Joce, la perfo du GORS tourne plein pot, un dernier ressaut et nous nous arrêtons au sommet d’un puits estimé à 40 mètres sur manque de corde.

Le week end suivant personne n’est disponible le samedi, du coup on se donne rdv à 6h du matin à l’entrée le dimanche, à 7h nous sommes sous terre, Thierry Rique (MJC Aubagne) a rejoint le reste de l’équipe. Nous sommes chargés à donf. Le P40 est rapidement descendu, nous débouchons alors dans un véritable canyon actif, très beau, quelques ressauts sont descendus et un P10 se présente. En bas nous tombons à notre grande surprise sur un siphon. Rapidement nous comprenons que nous pouvons tenter un pompage par gravité et que la suite de la cavité passera par là. A l’altimètre nous sommes à -310 m de profondeur.

La vidéo est ici : video explo Barthé

Le week-end suivant, Jean-Louis Herment dit Loufi, Yvan Gay et Yves Pascal viennent nous aider à sécuriser la trémie en bas du puits d’entrée. Avec Pascal et Joce, nous aménageons l’entrée en élargissant une tête de puits, ensuite nous nous attaquons au pseudo siphon à -40 m. Effectivement René Parein en parle dans son article dans le Scialet N° 34 de 2005. Un véritable piège, en cas de pluie, un siphon se crée rapidement à l’entrée du méandre. Nous ne pouvons envisager des explorations sans aménager cette partie. Nous employons les grands moyens, Loufi nous fournit tout le matériel adéquat pour ce genre de situation. En deux après midi le passage est effacé.

Le Lendemain Pascal et Patrick trouvent l’accès au réseau 3 de l’aven des neiges, le 21 décembre nous effectuons la jonction avec le Souffleur, pendant tout ce temps nous laissons le Barthé de côté (Voir article Spelunca N° 137).

En avril 2015, le siphon du Barthé est dans toutes nos têtes, avant tout, il nous faut aménager la cavité. Nous acheminons les premiers rouleaux de tuyau au siphon. Des séances de massette sont organisées dans le méandre, nous fixons des étriers en fer à béton en tête de certains puits étroits.

Après la découverte d’un réseau secondaire dans la salle R. Parein suite à une escalade, nous trouvons une série de puits qui malheureusement butera sur siphon probablement à coté du grand méandre de -110 m et qui ne nous permettra pas de shunter le méandre de boue. Du coup nous décidons d’agrandir le méandre d’un côté à la massette par Patrick et Pascal, de l’autre de manière plus bruyante pour Thierry R et moi-même. Ce n’est plus qu’une formalité à l’heure actuelle.

Le P40 qui suit est rééquipé entièrement, le méandre suivant est équipé de mains courantes et étriers en fer à béton. Certains passages se font en sommet de belles conduites forcées de 2 mètres de large. Jocelyn, Amandine et Dorian en profitent pour faire quelques clichés dans les galeries amont.

Photos Joce

Fin juin, ça y est nous sommes prêts. Nous commençons la mise en place des tuyaux. L’amorçage des tuyaux est plus ou moins rudimentaire mais nous y arrivons. Nous constatons que le niveau baisse assez rapidement.

Premier pas pour le pompage

A partir de ce moment, nous allons enchaîner les sorties. Bivouac les pieds dans l’eau pour Pascal, Joce et Patrick qui ne trouvent pas utile de descendre un duvet ! Thierry R et moi-même les réveillons le matin tôt. Le siphon se vide petit à petit et nous avançons les tuyaux au fur et à mesure. Les 25 premiers mètres se font rapidement ensuite c’est plus vertical. Nous commençons à douter.

Les pluies d’automne arrivent et ce qui devait arriver arriva, à la moindre pluie le point bas se met en charge et se déverse avec furie dans le siphon, nous subissons deux crues consécutives… Il nous faut recommencer du départ, en vidant le siphon, nous constatons que des m3 de graviers ont changé de place et se retrouvent dans la partie descendante, le passage est quasi bouché, impossible pour un plongeur de passer.

Le début du siphon ou on était à quatre pattes est maintenant nettoyé et nous sommes dans une belle conduite forcée de 1,70 de haut. Une nouvelle séance de bivouac pour nos trois lascars, nous les abandonnons le samedi soir avec Thierry. En sortant le dimanche le niveau a bien baissé et il semble que l’on est sur une partie horizontale, peut-être le point bas ? Entre temps de nouveau des pluies importantes s’abattent sur le plateau d’Albion. Je suis persuadé que le siphon est de nouveau plein…

Le 31 octobre en compagnie de Thierry R, nous effectuons un Aller-Retour éclair au siphon, celui-ci est rempli à fond, nous amorçons un des deux tuyaux et remontons rejoindre les collègues qui sont entrain d’ouvrir l’aven Julien mais ça c’est encore une autre histoire.

Le 11 novembre c’est au tour de Joce et Pascal d’aller préparer la pointe du samedi 14. Ils m’appellent à 14h et ne sont pas encore rentrés sous terre, dur dur de rentrer sous terre quand on sait ce qui nous attend au Barthé… Le siphon s’est vidé jusqu’au bout du tuyau. Ils rallongent celui-ci, amorcent et remontent dans la foulée. A 20h30 ils me rappellent, ils sont motivés à fond : ça va donner. Nous commençons à y croire malgré l’absence totale de courant d’air, nous sommes à environ 60 mètre de siphon vidé et – 9 m.

Le 14 novembre, nous franchissons le point bas, derrière ça remonte un peu et paf un nouveau siphon, on va jamais y arriver ! La déception est grande. Cependant, nous rallongeons un des deux tuyaux, maintenant pas sûr d’arriver à amorcer, pourtant au bout de quelques minutes ça fonctionne, l’eau sortant du tuyau et se jetant dans le point bas c’est que du bonheur, ça ne baisse pas vite et nous décidons de faire deux équipes. Patrick et Joce font des escalades pendant que nous commençons la Topo en remontant. Quelques heures plus tard nos deux compères nous rejoignent en nous expliquant que le siphon se désamorce lentement et qu’un net courant d’air est apparu. Personne ne croit Joce, je me tourne vers Patrick qui confirme, pétard de pétard la “Gigitte” nous envahit. Il est 23h et nous décidons de remonter surtout que la cavité est très arrosée et que nous sommes transis par le froid. Pendant ce temps Guy Demars (GSBM) et Jérôme Deboulle (GORS) continuent la topographie au terminus de René Parein que nous tenons à remercier pour nous avoir transmis toutes les données topographiques de la cavité.

Samedi 28 novembre, nous nous retrouvons sur le plateau d’Albion, il fait un froid glacial. Toute l’équipe est bien présente, Pascal de retour de l’ascension du Mont Toubkal (4167 m) au Maroc est en pleine forme. Guilhem Deloche un collègue « cordiste » de Pascal qui se joint à nous. Il a fait quelques sorties de spéléo mais sans plus. Nous descendons avec 50 mètres de tuyau supplémentaire et des raccords. Finalement au bout de 10 séances, 175 mètres de tuyaux soit 7 rouleaux de 25 mètres en diamètre 2,5 cm, 2 bivouacs les pieds dans l’eau pour Patrick, Joce et Pascal, des allers retour en express pour réamorcer les tuyaux suites aux crues du mois d’octobre, nous sommes tous là en train de se préparer à passer derrière le siphon.

Joce est de retour, il nous raconte, le collecteur on y est. En quelques minutes on s’organise, les kits sont remplis. Impossible de vider le passage bas, tant pis on passe dans l’eau.

Vidéo Patrick Siphon Barthé
Vidéo Thierry Siphon Barthé

Derrière nous arrivons au deuxième point bas, ensuite nous attaquons la remontée dans le sable. Un vrai piège, la monté est délicate car on s’ensable au fur est à mesure que l’on monte. On débouche dans une belle conduite forcée, pendant 50 mètres ça tourne, des belles vasques d’eau et on s’arrête sur le puits. La rivière n’est pas loin, elle fait un bruit d’enfer.

Vidéo des fadas
Vidéo derrière siphon

Bien évidement, c’est jour de fête, Guilhem est halluciné. Quelques minutes plus tard nous débouchons dans la rivière au sommet d’un P10. L’amont arrive d’un P5 qui peut s’équiper en vire. Ambiance ambiance, en bas du puits, nous évitons la baignade enfin pas pour tout le monde, Thierry glisse sur un rognon de silex lors d’une opposition et tombe dans l’eau, il sortira à la vitesse de la lumière à peine mouillé. Après une cinquantaine de mètres, nous arrivons sur le dernier puits de 20 mètres qui se jette directement sur un beau siphon de 5*5. Il se fait bien tard, et il temps de remonter. Guilhem sortira fatigué mais heureux d’avoir vécu une telle aventure.

A ce jour il est bien difficile d’affirmer que le collecteur découvert est celui du souffleur. Cela reste néanmoins une découverte majeure sur le plateau d’Albion. Cependant j’attire votre attention sur le siphon pompé, il se met en charge à la moindre pluie, une fois en charge, ce n’est pas sur du tout qu’il soit plongeable car il s’ensable partiellement.

La topographie de la cavité est en cours, la partie post siphon pompé sera terminée dans les jours qui viennent. Guy s’occupe de la synthèse sous Therion.

Toutes les photos et vidéos ici : photos et vidéos du Barthé

Olivier SAUSSE pour l’équipe du Barthé.
Avec la participation de Jocelyn Mora Monteros dit “Joce”